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L'INTEGRATION DE L'ANIMAL EN VILLE
Par le Docteur vétérinaire Jean-pierre KIEFFER |
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| Posséder un chien en ville est source de plaisir pour le propriétaire mais de nombreuses voix s'élevent pour dénoncer le comportement de certains maîtres qui ne se montrent pas trés civiques en laissant leur animal crée des nuisances. La divagation des chiens en liberté, la souillure des trottoirs et les aboiements intempestifs sont autant de situations qui opposent propriétaires d'animaux et autres citadins. |
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Si les villes ne sont pas conçues pour les animaux, il faut bien admettre que les animaux ne sont pas naturellement adaptés à vivre en ville. Cela demande un apprentissage pour l'animal qui implique le respect de certaines règles par son maître.
Accepter le port d'un collier et marcher à coté de son maître, attaché au bout d'une laisse, ne sont pas des aptitudes spontanées chez le chien. La marche en laisse ne s'improvise pas. L'apprentissage dépend du matériel utilisé et de la technique d'éducation. |
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Quelques chiffres :
Un foyer sur deux possède un animal de compagnie.
On compte un peu plus de 8 millions de chiens et 9 millions de chats en France.
On estime à 3,5 millions les chiens vivant dans des villes de plus de 20 000 habitants.
17% des chiens et 25% des chats vivent en appartement.
Dans l'agglomération parisienne, il y a plus de chats(11%) que de chiens (8%). |
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Le collier
Le collier ne doit pas gêner ou effrayer le chien. Il faut l'habituer dès son jeune âge, en associant jeu et récompense à la mise du collier. Le collier doit posséder une certaine souplesse et ne provoquer aucune douleur. Une simple chaînette métallique coulissante dans un anneau est un bon système. Le collier en cuir ou en tresse ne permet pas un bon apprentissage de la marche en laisse car il ne transmet pas bien les informations au chien, celui-ci ayant tendance à prendre appui sur le collier en cuir et donc à entraîner son maître. |
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La laisse
La laisse est le lien entre le chien et son maître, elle permet de limiter et de diriger les mouvements de l'animal. La laisse à enrouleur ne facilite pas l'éducation du chien car elle permet un mouvement de va-et-vient. De plus, ce type de laisse peut constituer un réel danger en ville en se prenant entre les jambes des passants. La laisse idéale doit être en cuir ou synthétique, mesurer un peu plus d'un mètre, ce qui impose au chien de marcher au coté de son maître, sans le dépasser. Les harnais sont à préférer chez les chiens de traîneau et sont souvent utilisés pour les races miniatures.
Tout chien doit être promené en laisse, même s'il est obéissant. Un bruit soudain, une voiture qui surgit peuvent dévier brutalement le chien de son chemin et créer un accident dont le détenteur de l'animal devra assumer les conséquences matérielles. |
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C'EST OBLIGATOIRE :
Le collier : "Tout chien circulant sur la voie publique, en liberté ou même tenu en laisse, doit être muni d'un collier portant, gravés sur une plaque de métal, les noms et demeure de son propriétaire."
Décret du 6 octobre 1904
La laisse : "Les chiens ne peuvent circuler sur la voie publique en zone urbaine, qu'autant qu'ils sont tenus en laisse."
Réglement Sanitaire Départemental, article 99-6.
La laisse et la muselière : "Les maîtres...peuvent ordonner qu'ils soient tenus en laisse et muselés."
Article 213 du code rural.
La laisse et la muselière : "Sur la voie publique, dans les parties communes des immeubles collectifs, les chiens de la première et de la deuxième catégorie doivent être muselés et tenus en laisse."
Article 211-5 du code rural
L'identification : "Tous les chiens et chats, préalablement à leur cession, à titre gratuit ou onéreux, sont identifiés par un procédé agrée par le ministère de l'agriculture...Il en est de même, en dehors de toute cession, pour les chiens âgés de plus de quatre mois et nés après la promulgation de la loi du 6 janvier 1999."
Article 276-2 du code rural. |
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Les déjections :
Les déjections canines sont l'une des principales sources de conflit entre les possesseurs de chien et les autres citadins. Ces crottes de chiens peuvent entraîner parfois des glissades responsables d'accidents et pour le moins une certaine grogne. Les propriétaires peu scrupuleux laissent leur chien vaquer seul sur le trottoir pour la dernière sortie du soir. Il faut donc lui apprendre à faire ses besoins dans le caniveau. Pour cela il faut l'habituer jeune (voir article L'éducation du chiot), le sortir peu de temps après son repas et le conduire au bord du caniveau. Il faudra tirer sur sa laisse dès qu'il commence à tourner et à se mettre en position. Il ne faut pas hésiter à le caresser et à le féliciter pour lui montrer qu'il a bien fait. Certaines villes disposent d'aménagements comme les "canisites" ou "canisettes", auquels il faut habituer le chien. Pour des raisons évidentes d'hygiène, les chiens ne doivent pas aller dans les jardins publics, les pelouses et les bacs à sable des aires de jeux pour enfants.
Des petits matériels simples permettent aux maîtres civiques de réparer l'oubli de leur compagnon et d'éliminer les déjections dans les caniveaux. Dans plusieurs villes, des campagnes de sensibilisation ont permis de faire prendre conscience des responsabilités, mais à Paris les "motos-crottes" sont encore là pour nettoyer les trottoirs et les agents de police pour verbaliser (près de 1000 procès-verbaux par an à Paris). L'intégration des chiens en ville passe par l'apprentissage du caniveau dès le jeune âge, par l'utilisation des aménagements lorsqu'ils existent et par le réflexe de ramasser ou de pousser les déjections vers le caniveau.
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Les aboiements
Les aboiements intempestifs peuvent être considérés comme "un trouble anormal de voisinage". Dans ce cas, toute infraction est passible d'une amende.
Le plus souvent, ces problèmes de voisinage trouvent leur solution par des démarches amiables : information du propriétaire du chien qui pourra utiliser un collier anti-aboiement (appareil émettant un jet de citronnelle, totalement inoffensif pour l'animal).
Si le trouble persiste, une plainte pourra être déposée. Les juridictions civiles peuvent être saisies, avec demande de dommages et intérêts. |
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C'EST INTERDIT :
La divagation : "Il est interdit de laisser divaguer les chiens et les chats."
Article 213-2 du code rural.
Les magasins : "L'accès des animaux dans les magasins est interdit, àl'exception des chiens guides de personnes malvoyantes."
Réglement Sanitaire Départemental.
Les lieux publics : "Il est interdit de laisser vaquer les animaux domestiques dans les rues, sur les places et autres points de la voie publique, ainsi que dans les halles et marchés."
Réglement Sanitaire Départemental.
Les lieux publics : "L'accès des chiens de la première catégorie aux transports en commun, aux lieux publics à l'exception de la voie publique et aux locaux ouverts au public, est interdit."
Article 211-5 du code rural |
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Tout passe par l'éducation
De nombreux possesseurs de chien avouent ne pas savoir comment maîtriser leur chien en ville, ils sont demandeurs de conseils. C'est ainsi qu'est née l'éducation canine urbaine qui permet d'intégrer le chien en ville en l'adaptant aux contraintes de la vie urbaine, tout en respectant ses instincts naturels.
Des initiatives se sont développées ces cinq dernières années dans de nombreuses villes comme La Rochelle, Blois, Boulogne-Billancourt, ou Paris. Toutes ces expériences doivent se multiplier dans les années à venir. Dans la région parisienne, les initiatives des villes sont soutenues par les bénévoles de la Société Centrale Canine et conduites par les professionnels du Collectif des Educateurs Canins. Les chiens marchent dans la rue en compagnie de leur propriétaire, suivis et observés par l'éducateur canin. |
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Parfois, la consultation d'un vétérinaire s'avère indispensable pour corriger certains troubles de comportement, en particulier lors de peur dans la rue. Le chien présente alors une véritable phobie des bruits de la rue, ce qui traduit une perturbation émotionnelle.
Pour éviter ces troubles, il est important de sortir le chiot le plus tôt possible dans la rue, à une période où se développe la socialisation. |
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Les initiatives des villes
L'intégration réussie de l'animal en ville dépend en grande partie de l'intérêt que les élus portent à la présence animale. Depuis une vingtaine d'années, l'attitude des maires a considérablement évolué à l'égard des animaux.
Aujourd'hui de plus en plus de villes prennent des initiatives pour mieux gérer la présence animale dans l'espace urbain. Pour réussir, les programmes d'insertion doivent être structurés et répondrent à quelques grands principes opérationnels. Les espaces réservés aux animaux et ceux qui leur sont interdit doivent être clairement signalés. Des équipements sanitaires sont des solutions pratiques qui prouvent les efforts de la collectivité mais qui nécessitent une éducation du public. |
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CONCLUSION
Si le possesseur d'un animal familier est responsable, c'est-à-dire qu'il donne à son chien les bases d'une bonne éducation pour bien se comporter dans l'environnement urbain et que les municipalités donnent à ces mêmes animaux les moyens d'être bien intégrés dans les villes, les oppositions entre les propriétaires d'animaux et les autres citadins devraient s'amenuiser.
Le vétérinaire a un rôle à jouer dans cette démarche. Aussi, n'hésitez pas à le consulter. |
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